It’s Pop! / Scissor Sisters : nice work !

2010 juin 28
Oubliez l’image communément acquise selon laquelle les CD sortent des usines. Dans le cas du troisième album des Scissor Sisters, Night Work, il s’agit de l’enfant naturel d’une licorne arc-en-ciel et d’un poney popstar à paillettes. Ni plus, ni moins. Quatre ans après Tah-Dah, un deuxième disque un peu décevant, Jake Shears, Ana Matronic et leurs sisters reviennent avec un album qui allie cohérence, fun, et énergie communicative. C’est sans aucun doute leur meilleur.
J’ai eu la chance il y a quelques semaines d’entendre six titres issus de ce disque lors d’un concert. Comme vous le savez, le live n’est pas l’idéal pour découvrir les nouvelles chansons d’un artiste que vous appréciez. En effet les titres sonnent souvent mieux en live, avec l’énergie qui lui est inhérente, le son des instruments et bien sûr l’artiste lui-même qui se donne pour le public et insuffle ce supplément indispensable à la toute performance en direct. A ma première écoute de Night Work il y a quelques jours, j’avais un peu peur que la version studio soit moins épique que la version live. Grosse erreur.
Ce qui frappe immédiatement avec Night Work, c’est l’efficacité instantanée de tous les titres qui le composent. Cette énergie et cette urgence à vouloir décocher le bon couplet, le bon bridge, le bon refrain d’entrée de jeu sont flagrantes. C’est bien simple, à la première écoute, on en vient à se demander quelle chanson on va bien pouvoir préférer. Entre pop lumineuse et ultra-positive (Night Work, Fire With Fire, Running Out), numéros groovy et sexy à souhait (Whole New Way, Harder You Get, Something Like This) et le très épique Invisible Light, on ne sait que choisir… Les Sisters donnent l’impression de purement et simplement s’amuser, sans entretenir de distanciation cynique  par rapport à leur public (comme Madonna a pu le faire sur Confessions On The Dancefloor). Night Work fait l’effet d’une grosse soirée où aucun physio ne vous dira que vous êtes trop gros ou pas assez bien habillé pour entrer. La grande force du groupe est d’ailleurs de jouer de son image un peu freaky (savamment entretenue il faut dire) et d’offrir une musique qui lance un bon gros « F*CK » à ceux qui auraient oublié que la pop est avant tout affaire de plaisir, partagé si possible.
En s’offrant les services du magicien Stuart Price (aux manettes du Confessions sus-cité, mais aussi du nouveau Kylie et du dernier Killers, entre autres), le groupe s’assure une dansabilité de tous les instants ainsi qu’une production soignée qui fait bon usage de la voix de Jake Shears, la Sister en chef. Il passe d’un falsetto perçant à une voix grave et sexy sans ciller, apportant une diversité bienvenue et plus marquée que sur dans les albums précédents. Le seul reproche que l’on pourrait faire à Night Work est de donner la portion congrue à la fantastique Ana Matronic malgré un solo réussi sur l’envoûtant Skin This Cat. On aurait aimé l’entendre beaucoup plus souvent.
Le contrat est donc rempli: en douze titres d’une efficacité folle, les Scissor Sisters imposent pour encore un bon moment leur univers sensuel, festif et indéniablement positif. La définition même de la pop, non ?!

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Night Work, sortie le 28/06 (AZ/Universal). Concert au Bataclan le 4/07 (complet).

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Ci-dessous vous retrouverez deux titres interprétés lors du célébrissime Live Lounge de Radio 1 (UK) : Fire With Fire (le single) ainsi qu’une reprise country du nouveau Kylie, All The Lovers.

All The Lovers

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