It’s Pop // Step back in time : you give me Fever

2010 mai 10

N’ayant pas de nouveauté vraiment excitante à vous faire découvrir cette semaine (il est encore un peu tôt pour vous parler de Robyn), j’ai le plaisir de vous ramener quelques années en arrière et de revenir sur l’un des albums pop les plus marquants de la décennie. L’album d’un tube planétaire en même temps que d’une belle revanche et d’un retour au sommet. Fever, de Kylie Minogue.

La, la, la… Tout a commencé avec ces notes, qui ouvrent Can’t Get You Out Of My Head. Le premier single du huitième album studio de la mini australienne arrive à la fin de l’été 2001, sans que personne ne s’y attende vraiment. Jusque là Kylie avait mené une carrière brillante, passant en un peu plus d’une décennie de poupée chantante issue d’une sitcom moisie, à icône de la pop internationale. Son dernier album, Light Years (2000), l’avait replacée au top après une décennie 90 quelque peu difficile. En effet, au cours de ces années-là, la nunuche frisée de l’époque I Should Be So Lucky cherche à s’émanciper en flirtant avec un son plus idie, en chantant en duo avec le sombre Nick Cave sur Where The Wild Roses Grow (une de ses plus belles réussites), en se coupant quoiqu’il en soit de ce qui avait fait son succès, à savoir une pop sucrée et inoffensive. Les deux albums, Kylie Minogue et Impossible Princess, sont donc des échecs commerciaux, même s’ils renferment indéniablement quelques pépites (Confide In Me, Breathe, Limbo…). Light Years est donc un retour aux racines pop, magistralement orchestré grâce à des titres comme Spinning Around (oui, celui du mini short), Kids, Your Disco Needs You ou Light Years, sans doute l’un des plus brillants de sa carrière.

Can’t Get You Out Of My Head dans une version modernisée lors du KylieXTour2008 (clip original ici)

La machine Minogue ne s’arrête pas en si bon chemin, et ne tarde pas à proposer le sus-cité Can’t Get You Out Of My Head. Et là, on peut dire que le titre va être un raz de marée comme la carrière de Kylie n’en a jamais connu. Numéro 1 dans 40 pays, il deviendra la signature de l’artiste et se vendra à plus de quatre millions d’exemplaires, explosant divers records d’airplay au passage. Une voie royale s’ouvre donc pour Fever, qui sort le 1er octobre 2001.

Si cet album s’est avéré marquant pour l’artiste, c’est qu’enfin, douze chansons parviennent à en capturer l’essence même : légèreté, sophistication, efficacité et sincérité. En choisissant d’embrasser un son pop/dance parfaitement moderne et inspiré, Kylie confirme enfin son statut d’icône populaire mais pointue, stylée mais authentique. Il émane de ce disque une réelle et sincère envie de faire plaisir au public, sans cynisme aucun, ce qui est plutôt rare, avouons-le. Et là, Kylie peut remercier ses brillants collaborateurs, Richard Stannard, Cathy Dennis, Steve Anderson pour ne citer qu’eux. Comptant parmi les meilleurs songwriters/producteurs anglais, ils ont su donner à l’album sa couleur et son identité tout en collant parfaitement à celle de l’interprète.  Les singles suivants Can’t Get You…, (In Your Eyes, Love At First Sight et Come Into My World), particulièrement bien choisis, permettent à Fever d’atteindre les 12 millions d’exemplaires vendus. Mais une fois n’est pas coutume, les autres titres du disque, ceux qui ne connaîtront pas la lumière, sont eux aussi à la hauteur d’une collection cohérente et terriblement efficace.

Burning Up brillera d’ailleurs durant le Fever Tour 2002 grâce à sa performance plutôt impressionnante. Cette tournée est justement celle qui marquera le début des mega-shows pour dame Minogue, qui s’était jusque là contentée de concerts modestes et un peu fauchés. Désormais, elle ne chante pas devant moins de 10000 personnes par date et s’impose comme une showgirl imparable aux mises en scène aussi fastueuses que technologiquement et visuellement bluffantes.

Si elle n’a pas égalé le succès de Fever à ce jour (ni avec le globalement mauvais Body Language, ni avec le moyen X), Kylie Minogue s’est établie comme une artiste pop incontournable dont le prochain album studio Aphrodite, qui sortira le 5 juillet prochain, est l’un des plus attendus de l’année. Et vu le casting de collaborateurs annoncé, on peut espérer un Fever 2. Perso, ça m’irait.


Burning Up (Live Fever Tour 2002)

Pour écouter l’album en intégralité, c’est par ici.

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