Ellie Goulding : Lights on

2010 mars 8
by Loic DR

Les plus fidèles de cette modeste chronique (oui, vous trois) se souviendront peut-être des quelques mots que j’avais écrit sur un des espoirs de la pop britannique, Ellie Goulding. Ou peut être pas. C’est pourquoi une deuxième couche ne sera pas vaine. Et aussi parce que depuis octobre, la blonde galloise a légèrement pris du gallon.

Depuis les premières (et prometteuses) démos, Ellie a fait un joli clip comprenant  des paillettes sur ses percus, pour l’excellent Under The Sheets ; elle a terminé à la première place du fameux « Sound Of 2010 » de la BBC, qui établit chaque année la liste des artistes à suivre dans les mois à venir ; et accessoirement, elle a sorti son premier album, le bien-nommé Lights.

L’équipe d’Ellie Goulding semble avoir tiré les leçons des erreurs commises par Little Boots l’an dernier en choisissant de « lancer la popstar tant qu’elle est hype » (ou un truc du genre). Boots avait elle aussi remporté le sondage de la BBC, mais son album était sorti en juin, soit bien après que le buzz crée autour d’elle fut retombé. Résultat, une campagne mollassonne et un premier single mal choisi on quelque peu affaibli son impact à la sortie de l’album, et légèrement noyé un projet au potentiel pourtant considérable.

Ici, c’est plutôt l’inverse : Lights sort moins de deux mois après le gros coup de buzz,  dans le sillage d’un single efficace et tout à fait représentatif de l’univers sonore de son interprète (Starry Eyed) et surtout à un moment assez calme concurrentiellement parlant. Résultat, Lights débute sa carrière à la première place des charts anglais. Pas mal pour la galloise qui, il y a quelques semaines encore ressemblait encore à un Bambi mal dégrossi.

Comme pour beaucoup d’artistes abondamment buzzés avant même d’avoir sorti quoi que ce soit, on attendait beaucoup de ce premier album. A l’image de Marina, dont je vous parlais la semaine dernière, Ellie réussit un quasi sans-faute. Lights est un album cohérent dans son écriture et sa production, jouant sur la voix en apparences fragile de la chanteuse. La cohérence est apportée par la présence du producteur anglais Starsmith, qui insuffle aux morceaux une énergie toujours bien dodée et à laquelle il est difficile de résister. En fait, il n’y a pas vraiment de titre qui soit moins fort que les autres. A tel point que Starry Eyed ferait presque pâle figure à côté de titres comme This Love Will Be Your Downfall ou Every Time You Go.

Wish I Stayed, la première démo qui ait filtré l’an dernier, a depuis été retravaillée et polie pour donner une bombe de pop éthérée qui s’impose sans souci comme le meilleur titre du disque. Under The Sheets, dont on se demande encore comment il a pu être sacrifié ainsi en simple buzz track, est parfaitement représentatif de l’excellente écriture dont Ellie est capable, avec son refrain imparable et ses percussions entêtantes. Elle a d’ailleurs prêté ses talents d’auteur-compositeur à d’autres artistes dont Diana Vickers, une popstar en devenir dont je vous reparlerai sans doute en temps voulu. Salt Skin, qui clôt l’album de manière parfaite, toute en voix planante et synthés omniprésents, laisse un léger goût de trop peu, après seulement dix titres qui passent un peu trop vite. C’est bien la seule critique négative qu’on pourrait adresser à Lights.

Le duo qu’Ellie forme avec Starsmith aura donc accouché d’une vraie réussite, qui, une semaine après l’excellent album de Marina And The Diamonds, prouve que les artistes anglaises, par leur capacité à sortir des sentiers balisés de la pop de fille souvent niaise et peu risquée, tiennent largement tête à leurs homologues américaines. Une bonne nouvelle pour nos oreilles, une moins bonne pour les fesses de Ke$ha.

Malheureusement Lights n’est pour l’instant disponible qu’en import (Island/Universal) et sûrement bientôt en France.

Pour plus d’info : le bon vieux Myspace.

Pour danser, le très bon Russ Chimes remix de Starry Eyed :

Wish I Stayed (album version)

Under The Sheets (Live At Jools Holland’s)

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