Marina & The Diamonds’ family jewels : priceless

Enfin, il est là ! On pourra dire que The Family Jewels, le premier album de Marina Diamandis alias Marina And The Diamonds, s’est fait attendre. Voilà un an que la divine galloise aux origines grecques sort des singles parfaits dans une indifférence quasi générale, mais sans cesser d’asseoir sa crédibilité indé qui ne demande maintenant qu’à exploser. Vous avez pu découvrir cette voix peu banale, chaude et profonde au phrasé immédiatement identifiable grâce à Obsessions tout d’abord, puis I Am Not a Robot et Mowgli’s Road, trois titres pop des plus recommandables. Fin 2009, le tant attendu premier album était enfin annoncé, lancé par le titre Hollywood, dont je vous ai parlé il y a peu.
Là où n’importe quelle popstar-wannabe rêverait d’avoir ne serait-ce que trois chansons potables dans son premier album histoire de paraître un minimum crédible (comme, au hasard, Ke$ha), cette chère Marina se paye le luxe de débouler avec pas moins de treize singles potentiels, sur treize chansons au total. Oui oui, The Family Jewels est aussi bon que ça.
Le disque se démarque dans un premier temps par son songwriting très au dessus de la moyenne. Intelligents et percutants, les textes ne cèdent jamais à la simplicité si souvent de mise dans la pop. Pas de « I love you » en rafale ni de célébrations intempestives du clubbing, mais plutôt une vision ironique, créative et assez mordante de sujets tels que la célébrité (Hollywood), la déprime (Shampain) l’identité (Rootless), et… la robotique (non pas la robotique, mais presque… guess what, I’m not a robot !). Et rien que pour le très pop « Oww-My-God you look just like Shakira / No no you’re Catherine Zeta / Actually my name’s Marina » sur Hollywood, elle mérite le Mercury Prize, qui récompense chaque année le meilleur auteur-compositeur.
Si on s’intéresse ensuite à la production, on se rend compte que c’est là aussi un sans-faute. Chaque son est parfaitement à sa place (des effets horlogers sur Mowgli’s Road aux beats percutants de Shampain, sans doute la meilleure chanson du disque) et donne à chaque titre l’épaisseur qui lui sied le mieux. En tous cas ça brille, ça tape, ça claque et les oreilles disent merci à Marina.
Parlons d’elle justement. De cette voix. De ces effets qui jamais ne sont sur-utilisés, qui séduisent toujours au bon moment sans avoir besoin de trop en faire. Pourtant avec cette voix profonde et tellement modulable, le risque était grand d’avoir trop souvent recours à des systématismes agaçants. Les envolées sont au contraire bien dosées et participent à la personnalité de l’ensemble.
Shampain

Shiny diamond !
Avec une cinquième place dans les charts anglais à l’issue de sa première semaine dans les bacs, The Family Jewels confirme en livres sterling sonnantes et trébuchantes que le potentiel commercial de Marina est aussi réel que son potentiel artistique est grand. C’est maintenant sur scène qu’il va falloir se délecter des immenses pop songs de la femme aux diamants, en espérant qu’elles ne perdront rien de l’éclat qu’elles ont acquis dans leur écrin, en studio.
The Family Jewels est disponible sur le label 679 Records / Warner Music
Pour écouter l’album et checker les dates de tournée, le mieux c’est le Myspace et le site

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