Gainsbourg Monstre Sensible.

2010 février 9
by Elephant Man

Hello, je ne dors plus, je ne vis plus, que pour saisir la moindre info, le moindre truc sur Gainsbourg.

Je suis dans ma première Gainbourgmania.

Au delà de la curiosité et du besoin que j’ai de perpétuellement m’abreuver de nouveautés musicales, je suis aussi astreint à un certain nombre de « Retours discographiques », plus ou moins fréquents.

Chaque fois, le retour est total : disques, films, covers, vidéos, lectures…

(1ere chanson : Arcade Fire reprend Poupée de Cire, Poupée de Son, composé par Serge Gainsbourg pour France Gall)

Comme chez la plupart des pseudo-mélomanes, ce type de crises est fréquentes, un coup je me refade toutes la discographie des Stones, un coup c’est celle des Beatles, juste après celle de tous les membres en solo (sauf Ringo bien sur), puis je me lance dans une série Ennio Morricone, dans une frénésie de the Doors, un brelan de Led Zepplin, une mixte avec Radiohead, une ballade avec Pink Floyd, Hendrix, King Crimson, Sigur Ros, Björk…

La liste est longue, mais aujourd’hui ceux qui frappent au portail sont moins nombreux.

J’admire, comme tout le monde, Serge Gainsbourg, depuis de longues années.

Surtout entre la période Bardot/Birkin. Mais jamais je n’avais encore cédé a une quelconque Gainsbourgmania. C’est fait.

(2 : Beck en plein plagiat de Melody, jusqu’aux cordes de Jean-Claude Vannier, et du coup arrangeur du dernier album de Charlotte Gainsbourg)

Le film de Sfaar, Gainsbourg Vie Héroïque a été un véritable déclencheur. Il est excellent, magnifique, un coup de maître. Mais comme Sfaar propose une vision très personnelle du personnage, il faut allerc chercher plus loiN.

Du coup la seul base, c’est la biographie officielle, celle de  Gilles Verlant intitulée « Gainsbourg » est disponible à 9€90 en poche.

Elle est copieuse mais se dévore comme un bon pavé de bœuf.

Ce livre permet de replacer la vie de Lucien Ginsberg dans la mythologie même de la chanson française contemporaine.

On y croise tous ceux qui compte : Brel, Brassens, Barbara, les Frères Jacques, Juliette Greco, Bashung…

On y croise aussi tous les autres.

(3e : Portishead dans un mélange entre Requiem pour un Con et Anna « Sous le soleil exactement »)

Surtout on y croise Johnny. Il n’y a pas de comparaison à faire .

A chaque fois que Johnny a cartonné en interprétant une reprise d’un succès américains ou anglais, Gainsbourg lui triomphe en écrivant, arrangeant, pour lui ou d’autres, un tube intemporel.

Alors qui est IN et qui est OUT  la dedans?

(4 : Miss Kittin dans « Je t’aime mon non plus »)

Et alors que récemment l’état de santé du Johnny en a inquité plus d’un. Et avec raison car comment  anticiper au mieux une potentielle crise d’hystérie nationale.

(Faudrat-il quitter la métropole le jour de la mort de Johnny? )

Il faut en fait chercher à l’international. La au Johnny est inconnu (sauf en Suisse).

Cette Gainsbourgmania me  fait du bien.

Gainsbourg lui est un mythe partout, revendiqué par tous. Les morceaux qu’il a écrit pour lui ou d’autres ont été repris par les artistes indés les plus convoités, de Beck à Blonde Redhead ; de Franz Ferdinand a Stéréo Total ; d’ April March à Mike Patton, des Kills à Massive Attack, de Mc Solaar à … la aussi la liste est longue.

(5 : Blonde Redhead, un immense groupe New-Yorkais, Gainsbourgmaniaques au dernier cran : ils étaient en concert pour le festival Gainsbourg à la Cité de la Musique en 2009)


Et avant Air, Daft Punk, Tahiti 80 et Phoenix (bravo pour le Grammy) c’est lui le premier qui s’est exportéen faisant paradoxallement gagné  le Luxembourg à l’Eurovision avec « Poupée de Cire, Poupée de Son) en 1965 à Naples . Aujourd’hui on regroupe dans le monde entier des groupes qui le revendique (comme par exemple les New-Yorkaise sexy de La Laque, voir leur myspace) et « Histoire de Melody Nelson » occupe la place du disque volé dans une des scènes clef du génial High Fidelity, de Stephen Frears avec  John Cusack et Jack Black. La postérité de l’homme a tête de choux est mondiale.

(6 : Hyperclean : un excellent groupe français, menée par un chanteur Frédéric Jean, qui rappel le grand Serge, en bien )

En fait le principal constat de ma première gainsbourgmania, c’est le nombre impressionnant de chanson que Gainsbourg a pu écrire à d’autres. Outre son Å“uvre comme interprète, c’est son travail de commande qui impressionne le plus. Il offre les « Ptits Papiers » à Régine, il offre « la Madrague à Bardot », il offre « Pull Marine » à Adjani, il offre tellement de truc à Jane Birkin, il lance Vanessa Paradis, il est dans « la Gadoue » avec Petula Clark, il apprend le Javanais à Juliette Greco.

(7 : the Divine Comedy mixant initials BB avec Sexy Boy de Air : ça sans le Lemon Incest)

Voila mon rapport, à mi-Gainsbourgmania, je ne me suis pas encore lancé dans Gainsbarre. D’une manière générale je suis un novice en Chanson Française (mis à part Brassens, Brel, Annegarn et Boby Lapointe, hihi, saucisson de cheval). Et cet article, s’inscrit bel et bien dans la continuité du phénomène de mode initié par le film.

Finalement ce qui me surprend le plus, c’est l’éparpillement qu’il y a dans l’oeuvre de Gainsbourg. Un best of bien sur n’y suffira pas. Et souvent, jusqu’a la BO d’Anna, tout est indispensable, y compris cette chanson « La Noyée » magnifique. J’ai longtemps cru (l’idiot) que Carla Bruni en avait été la première interprète. Merci Serge, grace à toi je peux dire que la seule bonne chanson de son premier disque n’est pas d’elle.
Enorme lieu commune hallucinant : son oeuvre est également trans-genre : l’oreille décollée est sevrée de la musique classiques de Joseph Ginsburg, elle appartient aux années 50 de Juliette Greco, aux années 60 de Liverpool, aux années 70 de Bob Marley, aux années 80 et à la découverte des sampler et du Hip-Hop… Aujourd’hui Gainsbourg serait certainement fan d’Electro. Il écrirait pour Daft Punk ou Animal Collective.

(8 : La Noyée en version Gainsbourgienne, avant le pillage de Carlita)

retrouver ce média sur www.ina.fr

Bon je vous laisse avec le générique du Boulevard de la Mort de Tarantino, la musique est d’April March qui reprend France Gall, une chanson écrite pour elle par Serge Gainsbourg.

Laissez tomber les filles : la France est le pays de la tour Eiffel, du Louvres, de l’Arc de Triomphe, de Versailles, du Repas Gastronomique et de Gainsbourg.

(9 : Chick Habbit : April March)

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  1. 2010 février 15
    Beyoncefan permalink

    Ah on sent la verve et la passion des nouveaux convertis dans cet article foisonnant qui m’?pargnera la peine d’acheter la derni?re biographie gainsbourgienne de la t?te de gondole de la Fnac puisque la voil? merveilleusement r?sum?e. Un petit b?mol cependant, contrairement ? ce que soutient Elephant man, Gainsbourg aujourd’hui ne serait pas dans l’?lectro mais dans le rap, dernier bastion de la musique contestataire, s’il en est. Car au fait Gainsbourg a t-il jamais chant?, ne fut-il pas plut?t le 1er rappeur populaire de France?

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