It’s Monday : Variété capillaire, pop music et autres subtilités de la scène britannique…

2009 août 24

Ces derniers mois, et entre deux titres des Black Eyed Peas, le royaume de sa gracieuse majesté a fait la part belle à une pop sophistiquée et décomplexée, piochant allègrement dans le son synthétique des 80s comme dans celui, plus dance, des 90s, tout en lui donnant un souffle résolument moderne.

Galanterie oblige, je commence par nos amies les femmes. Blondes, brunes ou rousses, il y en a pour tous les goûts dans le paysage musical anglais de 2009. Mais davantage que par leur crinière flamboyante, ces demoiselles s’imposent par leur talent et entendent bien laisser leurs homologues à slip loin derrière. La guerre des sexes est déclarée…

Première à sortir du lot, Little Boots. Dès 2008, les blogs se prennent de passion pour ses reprises funky au Tenori-On (sorte de grosse Game Boy tactile reproduisant moult sons), et ses compos électro-pop fort prometteuses. La blonde de Blackpool affole jusque aux élites de la hype, puisque le très attendu Sound Of 2009, le classement des artistes à surveiller de près pour l’année à venir la place au sommet fin 2008. La grosse machine se met alors en marche pour Victoria Hesketh (car non, en vrai elle ne s’appelle pas Little Boots), et début juin sort son premier album Hands. Une sorte de paradis de la pop en douze titres efficaces et pas si futiles que ça, Hands est une véritable réussite à la hauteur d’un buzz comme souvent un peu exagéré. Mal introduit par un premier single bien mais pas assez pour imposer l’artiste (New In Town) le disque se paie quand même le luxe d’un top 5, même si sur la durée, ce n’est pas vraiment ça…. Le buzz aurait-il connu ses limites ? Fort heureusement son label a repris ses esprits et le deuxième single est donc l’incontournable Remedy, sorti lundi dernier en Angleterre. Un tube en puissance bien parti pour être celui qui fera de Little Boots LE son de 2009.

Earthquake :
Remedy :

Si vous préférez les rousses, vous serez ravi d’apprendre qu’elles ne sont pas en reste, grâce à Elly Jackson. Elle forme le duo La Roux avec son compère Ben Langmaid et arbore une chevelure à faire pleurer Yvette Horner et Larusso réunies. La recette, déjà gagnante, du binôme ? Un son très 80s, à base de synthés et de beats sautillants, une voix immédiatement reconnaissable qui monte (parfois trop) fort dans les aigus, et un univers visuel très travaillé. Leur premier single In For The Kill a été le succès surprise de l’année en Angleterre, puisqu’il est la troisième meilleure vente de single de 2009 à ce jour. Bulletproof le second extrait de l’album éponyme du groupe s’est quant à lui offert le luxe d’un numéro un. Si les années 80 vous manquent et que vous avez besoin d’une cure de bonne humeur, jetez-vous sur ce disque sans hésiter. Pas mal pour un duo qu’on disait incapable de toucher le grand public, non ?

In For The Kill :

Allez maintenant on passe aux brunes, et quelles brunes !
La première d’entre elle s’appelle VV Brown, et est une victime. Non pas de la grippe A, mais d’une autre maladie, bien plus grave pour une carrière. Celle dite du trop-de-buzz-tue-le-buzz. Si vous avez vu grâce à l’article de Clément jeudi dernier que le buzz pouvait avoir des effets plus que positifs, les artistes feraient bien de se souvenir de la règle du point trop n’en faut. VV était sensée être l’une des grandes révélations de 2009, avec un album des plus qualitatifs, tout en pop nerveuse et excitante. Mais voilà, malgré une icônisation par la presse fashion sans doute un peu exagérée, avec beaucoup plus d’articles sur son style décalé que sur sa musique, on peut dire que l’album s’est joliment planté. Et c’est d’autant plus dommage qu’il renfermait l’excellent Shark In The Water, juste parfait pour l’été. Et si vous pensez que vous ne connaissez pas cette jolie fille, écoutez Leave !, ça devrait vous faire penser à une pub pour une certaine banque. En tous cas découvrez sans tarder Traveling Like The Light, un album qui vaut le détour.

Shark In The Water :
Leave! :

Marina and the Diamonds et Florence and the Machine ont des noms de scène similaires dans leur construction, mais la comparaison s’arrête là. La première devrait confirmer dans les prochains mois tout le bien que pensent ceux qui la connaissent déjà, notamment grâce à son Crown Jewels EP sorti en juin, et toujours téléchargeable sur iTunes. Un peu pop, un peu new wave, un peu barré, le style de Marina s’accompagne d’une voix qui hantera ceux qui auront la bonne idée de se pencher sur cette artiste prometteuse et, en ce qui me concerne, déjà adoptée !

I Am Not A Robot :
Obsessions :

Florence, quant à elle goûte déjà un succès mérité sur sa terre natale, grâce à un album, Lungs, fourmillant de mille et une choses plus que recommandables. Peut être moins tubesques à la première écoute que ceux des filles présentées ci-dessus, les titres de Floflo et sa machine n’en sont pas moins impressionnants de maîtrise et de cohérence. Rabbit Heart (Raise it up) ou Drumming Song suffisent à s’en rendre compte. Ce n’est pas un hasard si Lungs est l’unes des meilleures ventes de l’été en Angleterre, seulement écarté de la place de numéro un par un certain Michael Jackson. Feu Michael Jackson, pardon.

Rabbit Heart (Raise It Up) :

Vous aurez donc compris que nos amis anglais font cette année la part belle aux filles qui en ont, et ils ont bien raison. La suite lundi prochaine, ou comment les garçons, eux aussi, peuvent compter sur leur tignasse pour exister. Bonne semaine !

www.myspace.com/littlebootsmusicwww.littlebootsmusic.co.uk
www.myspace.com/vvbrown
www.myspace.com/marinaandthediamonds
www.myspace.com/florenceandthemachine
www.myspace.com/larouxuk
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